Qu’est-ce que la capoeira

history2

Cet art fut inventé par les esclaves d’origine africaine qui travaillaient dans les mines et les plantations du Brésil colonial. Par la lutte, ces hommes enchaînés retrouvaient une forme de liberté et de dignité. Travestie en danse pour échapper à l’interdiction des Maîtres, la capoeira se développa à travers les siècles comme un art complexe. À partir de ses racines africaines, la capoeira élabore une technique de jeu et de combat originale. Sa musique et ses chants véhiculent la mémoire de l’esclavage et constituent un volet à part entière de la culture brésilienne. Vouée à la clandestinité durant près de 500 ans, interdite jusqu’au début des années 30, la capoeira aujourd’hui est connue dans le monde entier.

Faisant intrinsèquement partie de l’identité brésilienne, la capoeira, pratique culturelle aux dimensions multiples (art avec une dimension physique importante, musique, chant, lutte et danse) s’enseigne aujourd’hui dans des académies. Elle s’est implantée en Europe au cours de ces trois dernières décennies et connaît des adeptes de plus en plus nombreux notamment en France, au Portugal en Allemagne, en Espagne, en Belgique et en Grande-Bretagne. Voyageant avec les plus grands Maîtres, la capoeira est aussi connue et pratiquée aux États-Unis, en Australie, en Nouvelle-Zélande et même au Japon.

La capoeira loin d’être une simple pratique physique, est un art mêlant le chant, la musique, le jeu, la lutte et la danse. En 2014, l’UNESCO a inscrit la ronde de capoeira sur la liste du patrimoine immatériel de l’humanité. Pour elle, « la capoeira est une pratique culturelle afro-brésilienne qui relève à la fois du combat et de la danse et peut être considérée comme une tradition, un sport et même une forme d’art. Les capoeiristes forment un cercle au centre duquel deux d’entre eux s’affrontent. Les mouvements exécutés exigent une grande souplesse du corps. Les autres capoeiristes autour du cercle chantent, tapent des mains et jouent d’instruments à percussion. Les cercles de capoeira sont constitués d’un groupe de personnes, hommes et femmes, comprenant un Maître, un Contremaître et des disciples. […] Le cercle de capoeira est un espace dans lequel les connaissances et les savoir-faire sont transmis au moyen de l’observation et de l’imitation. Le cercle de capoeira permet aussi l’affirmation du respect mutuel entre communautés, groupes et individus, encourage l’intégration sociale et la mémoire de la résistance à l’oppression historique. »

Au Brésil, l’apprentissage de la capoeira est souvent la seule éducation que reçoivent les enfants des rues. Ils trouvent dans l’Académie une forme de socialisation dont ils sont exclus par ailleurs. Installées à la limite des quartiers riches et des favelas, les académies de capoeira sont devenues, au Brésil, des lieux de rencontres et d’échanges entre des groupes sociaux que tout séparait jusque-là. En Europe, la capoeira se présente aussi comme le moyen de rassembler des personnes, et notamment des enfants, des adolescents et des adultes de cultures différentes qui se retrouvent dans la musique, le chant et le jeu. C’est aussi un moyen d’exprimer leurs difficultés à écouter l’autre, à avoir confiance en eux et en la société.

La capoeira permet de travailler sur l’agressivité de chacun, de la faire ressortir dans le but de l’accepter, et de mieux comprendre comment la canaliser. Son aspect ludique offre des moments inoubliables. La capoeira permet de s’entretenir physiquement et mentalement.